"Madame la Ministre,
Je viens d'apprendre, par la voie de la presse en ligne, que vous
venez de demander aux centres de vaccination, contre la grippe A H1N1,
de ne plus faire de vaccinations aux non-détenteurs du fameux
bon. Votre demande fait suite à l'augmentation importante du
nombre de personnes dans les différents centres afin d'éviter
une saturation du système. Permettez moi d'exprimer ma stupéfaction
à la lecture de votre décision.
Je suis de près l'évolution de la mise en place de
la campagne de vaccination depuis l'achat massif de vaccins (très
bonne initiative de votre part) jusqu'au fonctionnement des centres
de vaccinations. Depuis le lancement de la campagne de vaccination,
je vois apparaitre de nombreux problèmes qui ont des solutions
simples. Laissez moi détailler tout ceci.
Tout d'abord on a pu voir que la première semaine de vaccination
(pour les personnes prioritaires) n'a pas eu de succès. La
majorité des centres se tournaient les pouces. C'est dommage
de ne pas avoir demandé à une certaine population (enfants
scolarisés en primaire par exemple) d'aller se faire vacciner.
On a perdu une semaine face à la rapide propagation de l'épidémie
de la grippe H1N1.
Ensuite, vendredi dernier était le jour du lancement de la
vaccination des femmes enceintes. Mon épouse, enceinte de 7
mois, s'est rendue dans son centre le samedi matin sans son bon de
vaccination qu'elle n'a d'ailleurs toujours pas reçu à
ce jour. Malheureusement, le centre avait les doses de vaccins sans
adjuvant mais n'avait pas les autorisations régionales pour
lancer la vaccination des femmes enceintes. On lui conseille de revenir
le lundi. Ce lundi, même discours, elle doit revenir samedi
prochain pour se faire vacciner. C'est une nouvelle semaine perdue.
Mon épouse travaille dans une école privée ayant
plusieurs milliers d'étudiants et a donc de fortes chances
d'être contaminé. Comment se fait-il qu'il y ai l'autorisation
nationale de vaccination avec le vaccin sans adjuvant soit bloqué
par l'autorisation régionale ?
En discutant de cette vaccination autour de moi, je m'aperçois
qu'il y a très peu de personnes qui ont reçu leur bon
de vaccination (Ces personnes sont des femmes enceintes, des enfants
entre 6 et 24 mois et des personnes ayant des facteurs importants
de risques). Apparemment, il y a un gros problèmes de distribution
des bons de vaccination dans ma commune (aux portes de Lyon) voir
dans le département.
Aujourd'hui, j'apprends que les centres doivent vacciner uniquement
les personnes qui ont le bon de vaccination. Mon épouse (enceinte)
n'a pas de bon mais par contre notre voisine, également enceinte,
a reçu le fameux sésame. Pourquoi serait-elle prioritaire
vis à vis de mon épouse dont la grossesse est plus avancée
que celle de notre voisine ? Ce n'est pas en bloquant les personnes
légitimement prioritaires, n'ayant pas de bons, que vous allez
empêcher la saturation des services de vaccinations.
Quand je vois que sur le Rhône, il y a 18 centres de vaccination
qui sont ouverts que 20 heures par semaine, je me dis qu'il y aura
obligatoirement un débordement dans les jours avenirs. Il serait
quand même plus simple pour tous, que ces centres soient ouverts
tous les jours de 6h00 à 10h00 et de 16h00 à 22h00 (permanence
le matin tôt et le soir tard pour être adapté aux
horaires des différentes professions). Cela éviterait
une saturation des centres de vaccination !
Veuillez recevoir, Madame la Ministre de la santé, l'assurance
de ma considération distinguée."
Je sais d'avance que ma petite lettre n'arrivera pas aux oreilles de
Madame Bachelot et que les grands médias de la Presse en ligne
n'en parleront pas mais cela m'a fait du bien de l'écrire et
de vous la faire lire.